Quand Jean-Pierre Chruszez ouvre les vannes, l’ancien maire d’Hénin-Beaumont perd de sa superbe.

Publié le par JP CHRUSZEZ

PROCES DE L’EX-MAIRE (DVG) D’HENIN BEAUMONT. DECHU ET REVOQUE EN CONSEIL DES MINISTRES, GERARD DALONGEVILLE COMPARAIT DEPUIS LE 27 MAI 2013 AU TGI DE BETHUNE. TRENTE ET UN CHEFS D’INCULPATION DONT FAUX EN ECRITURE PUBLIC, DETOURNEMENTS DE FONDS PUBLICS, CORRUPTION, ETC.CITE COMME TEMOIN JP CHRUSZEZ, AUTEUR DU JOKER ROSE DEMONTRE A LA BARRE QUE LES ACCUSATIONS DE FINANCEMENT OCCULTE DU PS NE SONT QU’UNE INVENTION "D’UN BOUFFON QUI SE CROYAIT ROI."image003 EXTRAIT D’UN ARTICLE DE PASCAL WALLARD DE LA VOIX DU NORD

« Rassurez-vous, pas question de se lancer ici dans une démonstration de physique élémentaire pour les nuls. Mais plutôt de revenir sur ce qui ne devait être qu’une parenthèse de la journée d’audience de vendredi, l’audition, à la demande du «conseil» de Gérard Dalongeville, de l’ancien dir’cab du maire, Jean-Pierre Chruszez. Une audition imaginée comme «piégeuse» pour le témoin mais qui, au final, a tourné à la Berezina pour l’ancien maire d’Hénin-Beaumont…

 

De l’argent, il en est évidemment beaucoup, énormément même, question dans cette affaire. Argent via des marchés souvent bien peu orthodoxes, via des commissions… sous forme de mandat, de chèques baladeurs (on devrait beaucoup en parler dans le volet Journal du pays) mais aussi de liquide. Dont la source reste parfois bien énigmatique. Ainsi, les enquêteurs, la juge Pair, puis, vendredi dernier, le procureur Roy et la présidente, Sylvie Leman, ont-ils tous tenté de connaître l’origine de l’argent liquide approvisionnant régulièrement le compte joint de l’ancien maire d’Hénin-Beaumont. Des mouvements d’espèce de plus de 100 000 euros pour la période concernée par l’enquête « mais le compte n’y est pas dans vos explications ». Gérard Dalongeville évoque un vieil héritage puis le fruit de la vente de biens dans sa belle-famille ou encore la location du chalet vosgien de sa mère dont l’enquête a établi qu’il n’a jamais été loué. Sans que l’ancien maire le reconnaisse pour autant…

 

Des mouvements d’autant plus suspects que l’ex-compagne du maire, interrogée à ce sujet, avouait elle-même ne pas en connaître l’origine et même avoir peur des réactions de son conjoint à cet aveu…

 

La piste TRACFIN

 

L’argent, Gérard Dalongeville le laisse transparaître en appelant à témoigner son ex-banquier, aurait parfois été amené sur le compte du ménage par une tierce personne dont il attend que le nom soit révélé par son témoin. Ce mystérieux ami aurait déposé en 2008 pas moins de 40 000 euros sur le compte des Dalongeville. Sauf que le banquier, bien évidemment, n’a logiquement aucun souvenir d’un mouvement de fonds vieux de 5 ans et se demande même en substance ce qu’il fabrique à la barre. Si quelqu’un a déposé de l’argent sur le compte des Dalongeville, son nom doit, explique-t-il, figurer sur le registre TRACFIN (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins) que les banques tiennent à jour dans ce cas de figure. Mais s’il est aux archives de sa banque, sa recherche pourrait prendre quelque temps…

 

Qu’importe pour Maître Terquem, l’avocat de Dalongeville, qui dans un sens de la dramaturgie qui n’appartient qu’à lui, a fait convoquer Jean-Pierre Chruszez, dans la foulée du banquier. Ex-dir’cab du maire de 2007 à 2008 puis conseiller délégué en charge du budget, l’homme fut très proche de Dalongeville avant d’en devenir l’un des ennemis les plus irréductibles. Et, au vu du feu roulant de questions de Maître Terquem, on comprend vite que la main mystérieuse ayant déposé une lourde somme sur le compte des Dalongeville n’est autre que la sienne. D’autant que l’ancien homme de confiance du maire ouvre rapidement les vannes et beaucoup plus généreusement qu’imaginé par Francis Terquem.

 

35 000 euros remis par un promoteur

 

Alors qu’on lui demande s’il a un jour vu circuler de l’argent liquide en mairie, il balance : « Oui, j’ai vu circuler de l’argent public ! ». Et d’évoquer le « chèque en bois » de 50 000 euros rédigé sous la contrainte, en janvier 2008, par Gérard Dalongeville à Guy Mollet, afin que ce dernier apure les dettes de sa fille dans le cadre de la liquidation de G2M. Un chèque pour la couverture duquel M. Chruszez qui était en cette période préélectorale le mandataire financier de M. Dalongeville, est alors allé négocier un délai de couverture du chèque auprès de la banque de son « patron » : « Ensuite, M. Dalongeville m’a remis 35 000 euros que venait de lui apporter un promoteur lillois, je suis allé tout de suite les déposer au Crédit du Nord ! » Le reste de la somme, eh bien M. Chruszez d’évoquer un chèque de 5000 euros remis... par un ami de la police nationale, contre une reconnaissance de dettes, plus une somme de 10 000 euros versée par Lilo Alaimo (mis en cause dans cette affaire) « et qui m’avait alors fait jurer de ne pas le dire à M. Mollet ! » Aussi ahurissant que rocambolesque !

 

Et d’autant plus lorsque Lilo Alaimo, pour justifier ce don généreux, explique que « c’était un acompte remis à M. Chruszez pour un terrain situé près du bowling, là où il y a un restaurant aujourd’hui… Mais je n’ai jamais rien eu ! »

 

Peyre Picade et le Luxembourg

 

Une confession qui en amène d’autres de la part de Jean-Pierre Chruszez, qu’on n’arrête plus. Qui raconte avoir rencontré le fameux et sulfureux Angelo Argentino à la demande du maire (ce qu’avait nié M. Dalongeville lors de la première journée d’audience) pour la vente d’un terrain (« la promesse de vente était déjà signée par Gérard Dalongeville ! ») ou avoir été du déplacement de Peyre Picade évoqué lors de la déposition de M. Libert, un site où Gérard Dalongeville ne reconnaissait qu’avoir bu un verre avec Claude Chopin : « On y est bien allé et M. Mollet nous a fait une présentation de son projet devant une vingtaine de maires. M. Dalongeville a même fait un long discours et il a dormi là-bas… » Et le très bavard Jean-Pierre Chruszez d’en profiter pour rappeler un contact pris avec un chargé d’affaires de Dexia au Luxembourg, « le maire m’a demandé de monter un dossier via M. Mollet que j’ai transmis au chargé de mission de Dexia ! »

 

Pas un mot sur les bancs de la défense où un ange vient de passer en se demandant au passage ce qu’il peut bien faire en ces lieux… »

 

 

 

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